mes randos pyrénées

22 décembre 2012

J.2 : Sauneres-Fos

gibson66 @ 12 h 20 min

J.2 : Sauneres-Fos p9050030-300x225p9050026-225x300                        3-300x204                            

Hier soir je regardais en bas, ce matin je regarde en haut ,en direction de ma route. Malgré le fait d’avoir bien dormi dans la cabane ,le moindre mouvement effectué me rappelle que mon corps à terriblement souffert la veille; ces atroces courbatures me font repenser au parcours initial qui me semble impossible à boucler vu le poids de mon sac : l’autonomie à un prix, le manque d’expérience aussi ; mais leur force combinée ne me fera pas rompre ; je me suis embarqué pour trois semaines et je ferai trois semaines ,meme si je dois y laisser un genou!!

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Il ne me reste qu’un litre d’eau et meme si j’ai déjà soif , je préfère le réserver pour plus tard; les premiers mètres sont éprouvants car la pente est trés raide , mes muscles froids et contractés de la veille ; je décide quand meme de prendre le chemin le moins facile ,celui qui fait longer les quelques petits sommets  jusqu’à la cabane de peyrehitte ,plutot que celui qui me ferait rester au meme niveau d’altitude mais d’où je n’aurais pas de point de vue sur la vallée. La journée est magnifique et j’apprécie chacun de mes pas meme si je me dis que depuis que je suis parti je n’ai fait que monter ; j’ai quitté Luchon a 600 m,j’ai dormi a 1600 m,et je dois encore monter jusqu’a 2200m et le pic de Bacanère! La fin de la montée se fait sans trop de difficultés ;la pente est costaud mais surtout régulière ce qui me permet de respecter une certaine cadence ;le long de cette montée je realise qu’à ma droite se trouve l’Espagne ,dont je foule la ligne de frontière , materialisée de plusieurs bornes kilométriques où sont inscrites les coordonnées géographiques ; la vue depuis cette ligne est superbe ; les falaises coté espagnol sont plus abruptes et semblent servir de rempart ; le tout dans une certaine brume qui rajoute un coté féerique.p9050035-225x300

             p9050034-300x225    Arrivé à la derniere ligne de crete ,j’essaie de deviner la descente que je vais devoir emprunter (ben oui , je me dis qu’il faudra bien que ça descende un jour!!) ; sur ma droite j’aperçois une vallée qui parait minuscule tellement elle est en contrebas ; je me dis alors que j’ai de la chance de ne pas passer par là car la pente me parait impossible. Mais de ce coté- ci de la frontiere, « impossible n’est pas français  » prend tout son sens : le verdict est sans appel,les bandes blanche et rouge du GR m’indiquent que c’est bel et bien par là que je dois passer ;le temps de visualiser un peu le parcours et me voilà parti dans une descente vertigineuse.           

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Mon manque d’eau se fait cruellement ressentir et je commence à tirer la langue quand tout a coup je croise le chemin d’un izard à quelques mètres ;le temps pour lui de se demander si je suis dangereux ,le temps pour moi de me poser la meme question,nous voilà tous deux reboostés (lui par sa frayeur et moi par sa beauté) ,jusqu’a la cabane des Courreaux où mon corps décide de faire une pause .Quelques vaches sont paisiblement installées à deux niveaux différents ,dont une dizaine  sur le terrain meme de la cabane ; il y a en fait deux cabanes : l’une, petite et fermée avec un cadenas, l’autre spacieuse et trés bien tenue, mais qui semble occupée vu les légumes frais dans la caisse et la paire de lunettes de soleil sur la table ;le temps de libérer mes pieds de leurs bourreaux et de délester mon sac de quelques babybel ,fruits secs ou autre barre de céréale, un chien débarque à coté de moi ,suivi de peu par son maitre qui n’est autre que le berger qui occupe la cabane .Il m’explique alors qu’il passe ici environ 4 mois dans l’année , 5 jours /6, sa façon de s’occuper du troupeau et m’invite a caresser une de ces belles betes en m’expliquant : « celle -ci tu peux y aller: elle a été nourrie au biberon et elle n’a pas encore vêlé. » Il est vrai que je suis par nature trés trouillard et que j’ai toujours eu du mal à m’approcher d’une bestiasse de 500 kilos qui d’un coup de tete est capable de vous envoyer valser mais sans violon . Du coup je suis content comme un gosse de pouvoir etre guidé par un berger chevronné qui connait son boulot.Et comme quoi il est toujours bon de parler aux locaux ,il me déconseille de récuperer l’eau de la rivière à cause d’une maladie qui a decimé une bonne partie des izards qui ,en fait , aprés avoir été rendus aveugles se laissent mourir à proximité des points d’eau pour au moins avoir a boire et dont les charognes polluent les torrents .Autre info pratique, le berger m’indique ou je peux rempir les gourdes , en atteignant une des cabanes plus bas dans la vallée.

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C’est un peu à contre-coeur que je remets mes chaussures et reprends ma route, au grand desarroi de mes genous qui me le font bien comprendre; heureusement, cette partie est trés agréable, en sous-bois ,longeant un cours d’eau ,me menant à la cabane d’Artigue ,le temps de m’allonger quelques minutes dans cette belle prairie ,au soleil ,au calme ,bref le bonheur!! D’autant plus que comme indiqué par le berger ,une dizaine de mètres en contrebas se trouve la source où je remplis deux gourdes qui me suffiront jusqu’a Fos .Je repars ensuite direction la cabane d’Artiguessans ,que je trouve perdue au milieu des fougères, mais je suis trop fatigué pour marcher les 20 mètres qui nous séparent et continue ma route; ironie du sort ,je me trompe de chemin et crapahute 500 mètres pour me rendre compte de mon erreur et faire demi-tour ;s’économiser de 20 mètres pour en faire 500 pour rien! Le reste du parcours est interminable ;mes genoux me font mal à en pleurer; j’en suis meme réduit à marcher à reculons sur des centaines de mètres pour laisser souffler certains muscles et les articulations ,du coup je n’apprécie meme plus le paysage ,obnubilé par une seule chose: l’arrivée au gite de Fos, que j’atteins en fin d’après-midi. Là je trouve un couple qui attend des nouvelles du proprio et je suis rassuré de savoir qu’ils avaient reservé et que le gite serait donc ouvert.Le gérant étant occupé dans les Alpes, c’est son épouse qui s’excuse de ne pouvoir nous faire à diner ,occupée qu’elle est avec ses enfants ,quoi de plus légitime , mais nous ammène de quoi cuisiner ;c’est donc à 4 que nous allons ripailler puisqu’un autre randonneur se joint à nous :pates ,saucisse ,veau et légumes frais  préparés essentiellement par Benjamin et Astrid (le couple), nous remplissent l’estomac de bonheur après quoi je remplis le lit confortable de mon bonheur a moi!!

 

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