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28 décembre 2012

J16 : Aulus-Refuge de Bassiés

gibson66 @ 14 h 47 min

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Il continue à pleuvoir ce matin ,mais je dois bien affronter le mauvais temps si je veux arriver aux étangs de Bassiès. En fait , en étudiant mes cartes hier j’ai décidé que cette série de lacs constituerait le point final de mon expédition; les villages d’Auzat et Vicdessos me semblent accessibles par bus et m’offrent une porte de sortie ;j’ai peur qu’une fois ratée cette porte je manque de temps pour rallier Mérens et je n’ai plus beaucoup de jours de congés devant moi. Je range mes affaires ,la tente encore imbibée et vais prendre mon petit déjeuner sous le préau de la salle commune du camping. Une fois mon sac sur le dos je traverse le village par la route bitumée et retrouve un chemin plus digne du GR; la pente est parfois sévère et les appuis ne sont pas trés bons car le sol est jonché de pierres parfois rondes , parfois coupantes , rendues glissantes par la pluie qui ne s’est toujours pas arretée;  je suis meme obligé de recouvrir mon sac du poncho dont je n’ai moi pas besoin puisqu’ayant mon K-way. Mes pieds s’enfoncent parfois dans des flaques d’eau insoupçonnables car cachées par de l’herbe arrivant à hauteur de cheville. J’arrive ensuite au niveau d’un parking qui semble servir de point de départ à plusieurs randonnées;  je vois sur la carte la topographie du terrain : j’ai pour l’instant monté 600 m de dénivelé ,il faut maintenant que j’arrive à Port de Saleix sur un chemin en zigzag et 400 m de plus. La première partie se passe relativement bien dans le sens où je ne croise personne qui me conforte dans mon choix de randonner en Septembre ,mais au bout d’un moment ,le vent se fait plus fort et la pluie commence à me fouetter le visage ;j’ai du mal à respirer à cause de l’eau qui me rentre par la bouche et les narines ;je sens que mon corps à besoin de faire une pause mais si je m’arrete j’ai peur de congeler sur place et je suis désolé de ne pas pouvoir lui offrir ce qu’il demande ; il n’y a aucun abri aux alentours et quand bien meme il y en aurait un je ne pourrais pas le voir tant j’ai du mal a voir à 20 mètres à cause du brouillard; les zigs sont plus longs que les zags et vice-versa ; je suis frigorifié et je n’ai aucun moyen de me faire chauffer de l’eau .

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Les nerfs me montent de ne jamais voir la fin de ce chemin qui ne me paraiassait pas aussi long sur la carte ; ma seule alternative est de pester contre la terre entière ,serrer les dents et essayer de penser à autre chose qu’à du négatif ;  j’atteinds Port de Saleix en me disant que ça va aller mieux ,mais en fait c’est encore pire avec une pente horrible,un terrain extremement glissant ou j’ai l’impression de faire du surplace avec toujours aucun moyen de se mettre à l’abri des éléments ;finalement au bout d’une demi-heure le chemin bascule dans une pente pas trés forte mais terriblement glissante car faite de roches anarchiques rendues quasiment verglassées ;le vent est un peu tombé car je suis protégé par le versant sur ma droite mais le brouillard est toujours là ;il m’empeche d’avoir la moindre pespective ;je suis obligé de suivre les traces du GR et de m’y fier comme mon meilleur allié ;c’est ma canne d’aveugle car j’ai le sentiment d’etre replié sur moi-meme et ce sentiment est renforcé quand je vois du coin de l’oeil ,sur ma droite, comme une flaque plus grande que les autres: il s’agit en fait de l’étang d’Alate qui paraissait grand lorsque je le voyais sur la carte et qui est réduit à une simple rive dont on ne voit pas la grande soeur. Je ne fais que subir le reste de la montée jusqu’au col de Bassiès : il faut jouer les équilibristes sur les rochers dans lesquels les batons restent parfois coincés ;quant aux flaques je ne prends meme plus la peine de les éviter ;elles affluent de toute part à cause de la pluie; quand je marche je vois l’eau jaillir de l’intérieur de mes chaussures. Une fois entamée la descente, c’est le meme topo ;je ne fais que suivre les torrents du jour et je me sens frustré de ne pas pouvoir admirer les lacs d’où je suis ; il est impossible de les voir ayant la tete dans les nuages; au bout d’un moment seulement je commence à distinguer le refuge de Bassiès alors que la pente se fait moins raide ; je retrouve un chemin normal mais gorgé d’eau d’où je peux quand meme apercevoir le premier lac , aussi immobile que les nuages qui l’abreuvent.Lorsque j’arrive au refuge ,je remarque un endroit dédié aux campeurs mais qui ne me ferait nullement envie meme si le temps avait été ensoleillé ; payer 2 euros n’est pas le problème; payer 2 euros pour planter la tente sur de la bruyère inconfortable me dérangerait plus. Une fois à l’intèrieur ,j’enlève mes affaires dégoulinantes pour ne pas inonder la pièce de vie et vois avec les propriétaires pour la nuit ;une fois les formalités remplies et les instructions reçues ,j’assiste au balet des hélicoptères venus ravitailler le gite en hommes et en matèriel pour des travaux à effectuer; il y a également des agents EDF qui travaillent sur un des barrages en aval.L’endroit me rappelle le chalet en ferraille de « The Thing » avec leurs scientifiques (le refuge sert également de station météo) et une ambiance testostéronée .Désireux de me retrouver tout seul et pas échaudé le moins du monde par la saucée que j’ai subie toute la journée ,je remets mes chaussures et mon poncho pour aller faire un tour au bord du lac sans sac à dos : quel bonheur! Je passe donc le reste de l’après-midi à me ballader au bord des premiers lacs sur des rives dont je vois le niveau largement plus bas qu’à l’habitude ;ça me fait bizarre de me dire que je marche dans une partie dont le niveau d’eau me dépasse normalement d’au moins 5 mètres.

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Après ces quelques déambulations je me remets en route jusqu’au refuge ou je croise une dame ,prise également dans la tourmente et qui a aussi décidé de passer la nuit au refuge en èspérant que demain soit un jour plus propice à la marche ; elle parait vraiment surprise de me voir et m’avoue qu’elle était persuadée de ne croiser personne avec ce temps : perdu!! J’achète ensuite mon jeton pour la douche qui dure 3 minutes sous un filet d’eau tiède , puis partage la table avec la dame d’une compagnie fort agréable; on partagera meme le dortoir ,les autres étant dispatchés dans d’autres parties du refuge.Les pieds encore frigorifiés faute de chaussettes sèches , je m’endors tout de meme en prévenant les étangs de Bassiès que je n’ai pas dit mon dernier mot…

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