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28 décembre 2012

J14 : St Lizier-Camping d’Aulus

gibson66 @ 14 h 23 min

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A l’aube ,une fois réveillé , je commence à reflechir à mon parcours du jour; les cartes etudiées la veille me font penser que je vais en baver avec 900 m + et 800 m – ,mais surtout 20 kms !! Du coup je décide de faire l’impasse sur la cascade d’Ars et emputer l’épreuve d’au moins 6 kms pour rejoindre directement Aulus-les-bains. La première partie se passe sans encombre ,mes jambes ayant compris depuis quelques jours que toute protestation serait vaine et que je n’abandonnerais pas a cause de douleurs; seules une rupture des ligaments ou une fracture suite à une chute pourraient avoir raison de mon envie de continuer à prendre du plaisir. Puis ,une fois franchi le Col de Fitté ,je trouve des panneaux du GR a moitié cassés; pas grave ,la route me paraissant logique à suivre ;mes cartes me disent qu’en gros je dois filer tout droit ;mais en filant tout droit je me retrouve au pied d’une piste de ski que je remonte ;la montée est ignoble ,aucune végétation ,je croise des poteaux en ferraille et le moral en prend un coup quand je me demande si je suis sur la bonne route ,si le GR n’a pas bifurqué plus tot sur la droite; tant bien que mal, je parviens au sommet et essaie d’étudier le terrain de l’autre coté; je vois bien une batisse tout en bas ,comme un grand chalet ,mais rien sur ma carte ne m’indique que je suis supposé en trouver un; l’altimètre pourrait m’aider à me repérer mais il s’est envolé avec l’ame de mon GPS !

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J’avoue qu’à ce moment ,j’en ai eu ras la casquette ;plus d’eau pour me désaltérer et le moral dans les chaussetes ont failli venir a bout de ma patience ; c’est là qu’on se rend compte à quel point le mental est important ; si j’avais emprunté exactement la meme route tout en sachant que c’était la bonne , si je n’avais pas eu cette impression de ne pas savoir ou aller , le moral aurait été au beau fixe et j’aurais enchainé sur la suite du parcours ; au lieu de çà ,je me laisse bouffer par mon cerveau qui agit comme du poison qui se répand dans tout mon corps ;le sucre dépensé à trop réfléchir me fait défaut et ma pause se prolonge indéfiniment; si à ce moment précis j’avais croisé une voiture qui redescendait dans la vallée j’aurais certainement abandonné ;mais au Picou de la Mire , à 1741 m au mois de septembre sur une station de ski ,il n’y a pas ame qui vive; et c’est tant mieux finalement car je décide de redescendre au niveau du chalet en me disant que je trouverai peut-etre une carte ,un panneau ,une indication pour me remettre dans le droit chemin ;j’emprunte la piste de ski en zigzaguant pour atténuer la pente comme je l’aurais fait a ski et avant d’arriver au chalet je retrouve par miracle les bornes rouge et blanche ;je comprends alors  ,en suivant d’ou viennent ces bornes que j’ai monté le Picou pour rien puisque le sentier en a fait le tour pour l’éviter ;je vois un berger qui s’est arrété avec sa voiture prés d’un gros abreuvoir et il me confirme qu’un petit malin s’évertue depuis quelque temps à brouiller les pistes du GR10 ;je discute une bonne demi-heure avec ce monsieur qui m’apprend plein de choses ,notamment que lorsqu’une bete meurt ,les autorités ont enfin compris que plutot que de faire venir un hélicoptère pour enlever la carcasse il valait mieux laisser agir la nature ;les vautours mettent trois jours à se débarrasser d’une vache ,trois quart d’heures pour un agneau ! Venant sur le sujet de la betise humaine ,suite au problème des panneaux cassés ,il me dit que certains touristes portent plainte pour maltraitance à animal lorsqu’ils voient un berger donner un coup de baton sur les fesses d’une vache ! Ces gens-là…(comme le dit Jacques Brel).Sur les conseils de cet homme avisé je remplis mes gourdes à l’abreuvoir et me remets en route; je retrouve une végétation plaisante. Pour me remettre de mes émotions je fais une autre pause à l’abri du soleil ,dans une mini clairière protégée par des pins ;l’endroit sent le champignon à plein nez ; j’inspecte les lieux mais je vois que la terre a été retournée il y a peu de temps donc probablement aucune chance de trouver un beau cèpe. Je prends soin de bien m’hydrater ,avaler quelques barres de céréales et une fois le corps redescendu à température ,remets mes chaussures après  les avoir débarassées de toutes ces araignées inoffensives mais curieuses ,les faucheux (ou opilions) espèce de grain de beauté à huit perches .La route me parait ensuite plus longue que je ne l’avais imaginée ;je suis censé traverser la rivière en contrebas sur ma gauche pour continuer a descendre dans l’autre sens mais l’épingle qui permet le passage d’un versant a l’autre  joue a cache-cache et se défile à chaque fois que je l’imagine au virage suivant ;je peux voir ainsi de l’autre coté la route que j’emprunterai dans quelques minutes mais ne fais que la longer sans jamais l’atteindre .

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Des lustres plus tard je finis par traverser et continue jusqu’à dépasser la cascade du Fouillet ;le tout maintenant est de ne pas rater la bifurquation sur Aulus ,je me vois mal m’embarquer vers la cascade d’Ars ;mais tout se passe à merveille ,le nom de la ville étant inscrit à la peinture sur un rocher ;ensuite je n’ai plus qu’à suivre les panneaux jaune et rouge et le bruit des voitures dans la vallée qui se fait de plus en plus clair ;arrivé à mon étape je remarque avec bonheur une boucherie-charcuterie,une épicerie,une boulangerie avec possibilité de payer en carte bleue.Je trace jusqu’au camping où la demoiselle de l’accueil me rentre dans la catégorie  « randonneur » ; c’est tout fier de mon nouveau statut (comme si on venait de me délivrer ma première étoile en ski) que je choisis mon emplacement ,comme d’habitude le plus loin possible des autres mais pas trop loin des sanitaires pour demain matin! Il y a meme une laverie automatique ce qui n’est pas du luxe vu l’odeur que je traine derrière moi ;mais j’insiste un peu trop sur le cycle séchage ce qui fait rétrécir mes deux pulls de deux tailles;c’est donc habillé en haut en taille 14 ans que je vais au restaurant d’à coté recharger les batteries ;un peu trop meme  puisque j’ai du mal à marcher pour rejoindre le camping ;mais je me sens tellement bien que je pense rester au camping un jour de plus; et pour me sentir encore mieux dans ma tente ,je repense à ma journée ,contrastée, mon coup de moins bien ,puis aux vautours ,et encore plus fort qu’eux je n’ai besoin que d’une minute pour arracher ma carcasse au présent…

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