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28 décembre 2012

J.9 : Bethmale-Gite d’Aunac

gibson66 @ 12 h 40 min

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Je n’ai pratiquement pas fermé l’oeil de la nuit; il est trés tot ,il bruine , des pecheurs sont dejà installés et leur voix résonne aux bords du lac (le bruit ne doit pas faire peur aux poissons du coin); bref, une sale nuit que je décide d’une humeur massacrante d’écourter en rangeant mes affaires toutes mouillées et en allant prendre mon pti dèj à l’abri sous le préau des sanitaires. Deux jours de suite avec des vrais toilettes : royal! Je relonge le lac jusqu’au sentier, avec une montée de 300m plutot agréable si ce n’est pour mes affaires qui ne peuvent sécher puisque la brume a decidé de s’installer pour la journée et fait suinter le moindre bout de bois ,de terre ou de végétation; la route est trés piégeuse car elle est trés étroite ,la pente trés abrupte et j’ai peur de sentir le sol se dérober sous mes pieds à chaque instant dans un éboulement qui me renverrait 100m plus bas; cette idée se fait plus précise quand je vois à plusieurs reprises des arbres couchés ici et là ,probablement giflés par un coup de vent et fragilisés par des racines peu profondes et un sol gorgé d’eau; mon réconfort matinal prend les couleurs du Stade Toulousain :le rouge et le noir des mures sauvages et des fraises des bois ;j’en ramasse à chaque mètre sur les bas-cotés mais le manque d’énergie me fait tourner la tete à chaque fois que je me relève, proche de l’évanouissement; il me faut parfois quasiment une minute avant de chasser tous ces moucherons imaginaires de devant mes yeux ;je préfère poser mon sac pour faire le plein une fois pour toutes ;un kilo de fruits sauvages plus tard me voilà reparti et j’atteins alors le col de la Core dans le vent et le brouillard ;sur la route est peint le logo de l’Ariège qui ,combiné à la météo me rappelle certaines arrivées du Tour de France avec coupure de faisceau toutes les deux minutes sur feu Antenne 2 .

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Je laisse Charly Mottet et Claudio Chiapucci derrière moi et bascule de l’autre coté pour un chemin glissant et parfois mal indiqué ;je suis obligé de laisser mon sac pour partir à la recherche de marques blanche/rouge à chaque fois que deux chemins se présentent à moi; la bonne nouvelle c’est qu’il n’y a plus de vent depuis le col; je fais une petite pause a la cabane de Tariolle ou un panneau « interdit danger travaux » est placardé sur la porte; j’ouvre quand meme ,aucun travaux ,pas de plafond prêt à s’écrouler, le temps de manger quelques barres de céréales et de refuser l’entrée à des limaces trop curieuses; une fois mon nouveau job de physionomiste au Queen Ariégeois terminé je reprends la route lorsque j’arrive à un portail à betail ouvert que le chemin traverse; le poteau gauche est surmonté d’un crane de mouton; 10 mètres plus loin je manque écraser un mulot mort avec ses pattes recroquevillées ,taquiné par une limace qui fait la moitié de mon pied (et je chausse pas du 12!) le tout dans un paysage digne de   »Vendredi 13″ ou on imagine apercevoir quelque chose bouger à travers le brouillard ; tout çà me donne l’impression d’avoir franchi la frontière de la vallée de la mort des Pyrénnées; un peu circonspect je poursuis et m’habitue peu a peu à ce paysage nouveau pour moi ;mais plus que de paysage il est ici question d’ambiance ;je réalise alors que si j’avais entrepris ce voyage pour avoir le calme ,c’est ici et maintenant que je l’aurais trouvé ;le vent est complétement tombé, lui qui d’habitude fait frissonner les feuilles , fil rouge continu qui accompagne mes pas; le brouillard ensuite ,qui refuse l’accés au soleil et à ses rayons qui d’habitude réveillent les insectes et les font se lever pour partir au travail ;mais cet apres-midi tout le monde est au chomage ou fait la grasse mat’ ;point de bourdon trainant leur abdomen dodu de fleur en fleur, point de papillon bleu affairé sur les bouses de vache, quant au serpents ou autres rampants ils n’ont certainement pas envie de faire glisser leur corps sur des rochers suintants d’humidité. Pour la première fois donc ,je marche en me reposant aidé par une pente aussi douce que paisible ;quelques kilomètres plus loin ,je croise trois chevaux, l’un chargé de deux grosses sacoches ,les deux autres montés par deux charmantes demoiselles qui elles rejoignent le pays basque en empruntant le GR10 quand la topographie le leur permet ;elles ont beaucoup de mérite car comparé à moi elles doivent avoir  beaucoup de paramètres à gérer : respect. J’arrive au gite d’Esbints où je décide de faire une pause pour boire quelque chose de sucré ;je suis trés bien accueilli et j’avale d’un trait un verre de limonade faite maison; on me propose meme de faire une sieste avant de reprendre la route ,ce qui démontre l’état d’esprit de ce lieu bio et reposant ;je décline l’invitation pour reprendre mon chemin jusqu’au village d’Aunac où je tombe sur une stèle qui donne un peu de concret à la route rêveuse que je viens de parcourir puisqu’il y est inscrit « Le Chemin de la Liberté » qui , je l’appris par la suite est un chemin qui servait aux français pour s’évader vers l’Espagne et l’Afrique du nord pendant la seconde guerre mondiale et qui j’imagine n’avaient pas l’occasion d’apprécier la beauté du paysage .

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Je m’écarte ensuite du GR pour longer une route bitumée jusqu’au gite d’Aunac; juste avant le gite je longe le plus beau potager que j’ai vu de ma vie; tous les deux pas mes narines sont excitées par l’odeur que dégagent  tour à tour les effluves de chacun des légumes apparemment choyés; je réalise que moi ,le viandard né, le carnassier qui pourrait ne manger que de la viande meme au dessert, je n’ai jamais eu autant envie de fruits et légumes; je pars du principe que nos envies cullinaires sont dictées par nos besoins nutritifs, et si j’ai envie d’une bonne soupe de légumes c’est que mon corps a besoin de toutes ces bonnes choses ;écouter son corps est une chose essentielle ,pourvu qu’on sache l’écouter. Une fois au gite, je suis reçu par le gérant qui me dit que personne d’autre ne devrait passer la nuit dans le dortoir; j’ai donc à ma convenance un 90 m2 pour moi tout seul où je profite de faire une mini-lessive à la main ,faire sécher mes affaires toutes humides de la journée et prendre une douche bien chaude. Je joue ensuite avec Farou, le labrador de 3 ans ,jaloux que je puisse carresser l’autre chien, croisement entre un colley nain et un mérinos jamais tondu qui vient timidement quérir un peu d’affection, vu le rare nombre de personnes de passage dans le coin. N’ayant pas assez d’argent avec moi ,je ne peux pas profiter du repas du gite et de ses bons légumes et dois me contenter d’un repas léger, du riz cuit dans un bouillon mais agrémenté d’une mini boite de paté de canard; sans ironie , ce fut un régal comme quoi lorsqu’on a vraiment faim,meme une boite pour chien peut avoir le gout d’un délicieux foie gras! Trés chaleureusement le propriétaire et son épouse viennent me proposer de les rejoindre pour un verre de vin; ça ne se refuse pas ;j’en profite pour demander s’il existe un endroit sur le GR10 ou retirer de l’argent et la dame me dit qu’a Seix c’est possible; problème ça me fait faire un détour; elle me dit que c’est egalement possible a ST Lizier d’Ustou ,qui se trouve sur ma route, option plus abordable. L’ivresse du vin faisant son oeuvre et remerciant mes hotes je regagne mon chateau et tel un seigneur me glisse dans ma couche royale m’évader sur le chemin de ma liberté…

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