mes randos pyrénées

28 décembre 2012

J.5 : Araing-Eylie

gibson66 @ 11 h 45 min

 

J.5 : Araing-Eylie 11-300x174Ca ronfle fort un catalan !Du coup la nuit n’a pas été aussi récupératrice que je l’aurais souhaitée ,mais bon, ça fait partie des petits désagréments. Le temps d’un pti dèj et de faire son sac, je trouve marrant de voir chacun partir avec sa maison sur le dos dans toutes les directions ;la mienne se situe à l’Est ou je vais essayer de rejoindre le gite d’Eylie , qui me semble plus que faisable ,meme si je redoute la descente pour mes genoux. Je pars relativement tard, vers 8h30, alors que Howard l’écossais est parti depuis un petit moment mais que je devrais retrouver ce soir .Petite ascension de 300m pour se mettre en jambe ,sauf que je prends le mauvais sentier qui me décalle vers un autre versant ;m’en rendant compte, je décide de remonter tout droit jusqu’a couper le vrai chemin. Bien mal m’en a pris: il est impossible d’avoir de bons appuis sur de la bruyère où les pieds se dérobent à chaque pas, qui plus est mouillée de la rosée matinale ;parfois le chemin le plus court n’est pas forcement la ligne droite! Mais ça fait partie de mon apprentissage ;un proverbe chinois dit qu « on commence à vieillir le jour où on arrete d’apprendre » et je peux vous dire que vu tout ce que j’ai appris au long du voyage , j’ai plutot rajeuni!! Dans ma folle tentative pour récupérer le vrai trajet je trouve une gourde ,probablement laissée tombée par un randonneur ou un VTTiste ;je suis déjà chargé à bloc mais ma conscience m’interdit de la laisser polluer l’endroit; me voilà donc avec 4 gourdes!! La fin de l’ascension se passe sans encombre, content de me dire qu’aujourd’hui on alterne montée et descente; le plus passionnant dans la montée se trouve à la fin ,lorsque l’on ne voit que ses propres pieds et qu’on se demande ce que l’on va trouver dans quelques minutes ,tout en haut ;une fois au sommet le plaisir est toujours total et la portée du regard passe de 2 mètres à plusieurs kilomètres, sensation à la fois effrayante de s’apercevoir tout ce qu’on va devoir gravir et gratifiante d’avoir l’impression d’etre sur le toit du monde.

12-300x108                                         p9080088-300x225

 

p9080091-300x225                        p9080094-300x225

Je redescends ensuite de 300m pour arriver aux mines de Bentaillou ,mines laissées à l’abandon mais où on peut voir pleins de vestiges d’un temps revolu ;restent quelques tunnels, chariots et pas mal de batisses, certaines en ruines d’autres encore entretenues probablement par et pour les bergers .Je fais une pause au milieu d’un pré quand d’un pré en contrebas arrive un mouton, puis deux puis cinquante ;c’est alors qu’un berger arrive et avec l’aide de son chien renvoit le troupeau paitre ailleurs; à coup de sifflements et de cris bien précis ,le troupeau retourne dans son pré d’origine; moment exceptionnel que de voir le travail des deux diriger 50 betes en totale communion. Une fois ce spectacle terminé ,je décide de ne pas suivre le GR mais plutot de prendre la route qu’empruntent les vehicules; une route en lacets prisonnière des roches sous un soleil de plomb ;je sors un t-shirt du sac, l’imbibe d’eau et tel tintin et son crabe aux pinces d’or poursuit ma route ,interpellé par quelques escargots, secs comme moi, collés aux roches ,mais dont la coquille est jaune; je les mangerai pas ceux-là! La route s’enfonce progressivement dans les bois ,bien plus agréables et tout en marchant je me mets à la recherche d’un bout de bois qui me servira de baton de marche .Là ,vous vous dites « mais il a pas de baton? mais il est fou! » …et vous aurez raison! Mais j’aimais bien avoir les mains libres pour soulager mes épaules en passant les pouces dans les lanières, ce qui empechait également tout le poids du sac de reposer sur mes hanches .Mais il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis ,et après 5 jours j’ai decidé de ne plus etre un imbécile .Je trouve en quelques minutes mon trésor du jour ,une branche de chataigner qui fera l’affaire.

13-300x207La descente s’effectue en deux parties :une qui descend en lacets jusqu’à la riviere, l’autre qui longe la rivière. Une fois parvenu à la rivière ,je trouve un endroit confortable à souhait pour pique-niquer avec pelouse, cours d’eau et ombre .Une fois la pause terminée je remets mon sac ,fais une dernière vérification du terrain pour etre sur de ne rien oublier quand je vois ,posés sur un rocher,  plusieurs mégots qu’un abruti à lachement abandonné; j’hésite ,la poubelle etant deja rangée ,mais comme pour la gourde je me vois mal les laisser là; une fois penché, les mégots en main, je découvre un baton parfait pour la marche ,long et solide ;j’y ai vu comme un signe ;à savoir que j’ai debarrassé la nature d’une saloperie qui me l’a bien rendu avec en cadeau retour un baton qui ne me lacherait plus du voyage et me rendrait bien des services .Le reste du trajet n’a rien de passionnant, je croise des gens qui disent a peine bonjour,voire pas du tout et trouve un minuscule bob rose ;au loin devant moi j’entends une famille avec enfants et me dis que ça doit leur appartenir ;je cours quasiment pour leur rapporter; quelques centaines de mètres plus loin et quelques crampes plus tard j’arrive à leur hauteur et je vois que c’est le bébé qui ,installé dans le dos du pére ,à sa tete nue en plein cagnard; et tout ce que le pére trouve a dire c’est: « elle a dù le faire tomber »; premièrement je me doute bien que c’est pas un écureuil qui a cherché a lui piquer, deuxièmement c’est à toi ,espèce d’abruti à vérifier que le crane de ton peutiot n’est pas en train de tourner au violet et troisièmement un simple « merci » aurait suffi!!! Je comprends bien pourquoi je ne peux plus supporter la présence de certains de mes congénères pour qui seule la première syllabe reste valable .Mais heureusement, une fois arrivé au gite d’Eylie ,je retrouve Howard qui lui me conforte plutot dans la nature humaine  (le yin apres le yang) .Le problème est que devant le gite se trouve un troupeau ,mais pas le genre de troupeau auquel je suis habitué puisqu’il s’agit en fait d’une douzaine de bipédes avec sacs a dos. Heureusement il reste encore quelques places de libre pour dormir ;tout en faisant mes étirements on sympathise les uns les autres ;le groupe fait en fait partie du CAF de Nimes et font le circuit du Passaran ,une boucle de 6 jours .Puis, comme à la fin d’un épisode d’Asterix ,je vais boire une bonne cervoise avec mon ami Howard le grand-breton avant un banquet frugal dans la joie et la bonne humeur ou seuls les sangliers sont remplacés par des saucisses aux lentilles . Trois assiettes bien remplies (et vidées) plus tard ,je m’isole plus loin dans le noir ,profitant du calme retrouvé jusqu’à ce qu’une chauve-souris se serve de ma tete comme piste d’atterrissage, signe que je suis de trop .Je rejoins alors le dortoir ou certains sont encore en train de refaire le monde; pour ma part je vais juste refaire ma journée et compter les moutons, c’est pas ce qui manque dans le coin…

 

Laisser un commentaire

Skicm2cantondefruges2013 |
Voyage au pays des sourires |
Monnomdebateau |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Une strasbourgeoise à Utrecht
| Tripenaustralie
| Followthepilou